La Poste : appel à la grève de SUD le 14 février contre la « répression antisyndicale »

PARIS, 5 février 2014 (AFP)
SUD-PTT a annoncé mercredi avoir lancé un appel à la grève nationale à La Poste pour le 14 février, afin de protester contre la « répression antisyndicale » qui « s’intensifie » dans l’entreprise, selon le syndicat.
Au cours d’une conférence de presse, des responsables syndicaux ont expliqué vouloir « tirer la sonnette d’alarme » sur le fait que « la répression syndicale s’intensifie » au sein du groupe qui emploie quelque 240.000 personnes, La Poste souhaitant, disent-ils « faire des exemples ».
Ils ont évoqué à titre d’exemple « sept procédures disciplinaires » rien qu’en janvier (6 contre des militants SUD et une contre un responsable CGT), dans le secteur du colis.
Plusieurs de ces procédures sont liées au fait que des militants se sont rendus dans des établissements qui n’étaient pas les leurs pour leurs activités syndicales, La Poste estimant que « même avec un mandat syndical, les personnes étrangères à l’établissement ne peuvent entrer », a expliqué une responsable SUD.
C’est ce scénario qui s’est produit mi-décembre à la plateforme colis de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Le secrétaire départemental de SUD, Gaël Quirante a expliqué qu’après être entré sur le site, un cadre l’a projeté au sol, lui entrainant 7 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Il a porté plainte « pour violence volontaire » contre le cadre.
Le mouvement de grève du 14 février (auquel s’est associé la CNT, syndicat non représentatif) sera accompagné d’un rassemblement devant le palais de justice de Tours, où un responsable de SUD doit comparaître pour des propos injurieux tenus sur un site contre un responsable local.
Au cours de sa conférence de presse, SUD a souligné que les salariés de droit privé syndiqués à La Poste (à l’exception des élus aux CHSCT) n’avaient pas le statut de salarié protégé, alors qu’une loi de 2005 prévoyait un décret en ce sens. Le syndicat a donc adressé lundi un courrier au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg pour réclamer la promulgation de ce décret « permettant aux agents de droit privé de bénéficier de protection équivalente à celle du droit commun ».
« Sans réponse de sa part dans les deux mois, on portera l’affaire devant le Conseil d’Etat pour faire condamner l’Etat pour non-respect de la loi », a prévenu Régis Blanchot (SUD).
Le statut de salarié protégé fait qu’un licenciement est soumis à l’accord préalable de l’inspection du travail.