Allier : deux gendarmes renvoyés en correctionnelle pour avoir retenu un syndicaliste

LYON, 25 février 2014 (AFP)
Deux officiers supérieurs de gendarmerie sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour avoir « arbitrairement » retenu un syndicaliste lors d’une visite de Nicolas Sarkozy dans l’Allier en 2010, a-t-on appris de source judiciaire.
L’affaire devrait être jugée fin mars au TGI de Clermont-Ferrand, a-t-on précisé de source judiciaire, confirmant une information de La Montagne.
Il s’agit du commandant du groupement de gendarmerie de l’Allier et de son adjoint, qui étaient en fonction dans l’Allier le jour de la visite de Nicolas Sarkozy en 2010, selon la Montagne.
Ils devront répondre d' »acte attentatoire à la liberté individuelle commis arbitrairement par une personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions », un délit passible de 7 ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.
Interrogée par l’AFP, la direction générale de la gendarmerie nationale n’a pas souhaité faire de commentaires.
Le 25 novembre 2010, un syndicaliste de SUD qui avait eu l’intention de manifester contre la réforme des retraites, avait été maintenu à la gendarmerie du Mayet-de-Montagne (Allier) toute une matinée, lors d’une visite de Nicolas Sarkozy, alors président de la République.
Le syndicaliste avait raconté que deux gendarmes étaient venus le chercher à la sortie de son travail, alors qu’il avait l’intention de se rendre à cette manifestation organisée à l’occasion de la visite du chef de l’Etat.
Il avait déposé une plainte pour « arrestation abusive » et une instruction avait été ouverte, aboutissant en décembre 2011 à la mise en examen de sept gendarmes, notamment ceux qui avaient mis en oeuvre les ordres des deux officiers.
Mais cinq d’entre eux ont bénéficié d’un non lieu dans ce dossier, selon La Montagne.